Shooting photo cadeau à Nantes : un portrait | Yachoki

Offrir un portrait, à Nantes

On arrive ici presque toujours avec un âge en tête. Dix-huit ans, vingt, cinquante, soixante : un anniversaire qui ne passe pas comme les autres, et que l'on voudrait marquer d'autre chose que d'un objet de plus, rangé dès le lendemain. On a parcouru des photographies, on s'est attardé sur celles-ci plutôt que sur d'autres, et peu à peu un visage est venu s'y poser : celui d'une fille, d'une sœur, d'un ami de longue date.

Puis vient le moment d'en dire davantage, et l'on s'arrête. Ce que la personne voudrait montrer, ce qu'elle aimerait qu'on voie d'elle, vous ne pouvez pas le dire à sa place ; c'est à elle de le dire. Beaucoup de ceux qui m'écrivent pour offrir le savent avant moi, et c'est sur cette réserve, qui n'a rien d'un manque, que je bâtis tout le reste.

Ce que vous offrez, c'est une carte à son nom, choisie pour elle, où une place attend les mots que vous y mettrez. Elle n'arrête ni un jour ni une pose ; elle attend, comme une lettre qu'on n'ouvre qu'à son heure. Je rencontre d'abord la personne, seule, au studio ou chez elle, là où elle se sent le mieux ; c'est elle qui choisit son moment ; et rien ne se photographie avant qu'elle ait fait sienne l'idée que vous avez eue pour elle ; si elle ne la fait pas sienne, la part de la séance vous est rendue.

Entre la carte et la séance s'étend un temps que je ne cherche pas à abréger. Il arrive qu'on offre un portrait à quelqu'un qui déteste être photographié, et qui le dit. Ce n'est pas l'échec du cadeau, c'en est plutôt la matière : la première rencontre part de là, sans rien forcer, et il est arrivé qu'en la quittant on sente que quelque chose, depuis son début, avait tourné.

Ce que vous donnez tient dans la main, et il faut le dire simplement. La carte, je vous la remets au studio, ou je vous l'envoie quand la distance l'impose. Tout se règle de votre côté, au moment d'offrir : la personne n'aura jamais affaire à l'argent. Elle est photographiée seule, avec quelques images à vos côtés si elle le souhaite ; elle reçoit une galerie privée, les fichiers, un tirage qu'elle choisit avec moi, remis comme un objet achevé, et une lettre. Ce que vous me confiez d'elle reste entre nous. Si vous êtes plusieurs à offrir, l'un de vous suffit : c'est lui qui règle et qui reçoit la carte. Et s'il s'agit d'offrir une séance de famille, elle a sa propre page ; une séance boudoir, elle, ne s'offre pas : elle se demande soi-même.

Le formulaire vous demande d'abord de quel côté vous vous tenez. Si c'est vous qui offrez, il ne veut savoir que l'occasion, son prénom pour la carte, une date si elle compte, et comment vous joindre ; rien d'autre sur la personne, qui parlera pour elle-même. Il vous laisse seulement, si vous le voulez, dire ce que vous lui souhaitez : cela reste entre vous et moi, et m'aide à préparer la séance, sans rien décider à sa place. Je lis chaque demande moi-même, puis je reviens vers vous : par un appel si ce que vous cherchez rejoint mon travail, sinon par un message écrit.

Si c'est vous qui avez reçu la carte, le même chemin vous attend, à l'heure que vous voudrez : la carte vaut douze mois, et se prolonge sur simple demande. On ne vous y demande pas l'occasion, mais ce qui se passe pour vous ces temps-ci et, si vous le souhaitez, ce que vous aimeriez qu'on voie de vous, puis comment vous joindre. Le reste se dira de vive voix, à la première rencontre.

Que vous offriez ou que vous ayez reçu, rien de ce qui viendra ne se décidera sans la personne qu'on photographiera.