Entendre l'œuvre avant de voir le visage
Il m'arrive d'entendre un artiste bien avant de le voir. Le lien qu'il m'a laissé, un single, une maquette, l'extrait d'un spectacle, je le parcours en entier, seul, sans rien savoir encore de son visage ; et lorsque nous nous parlons pour la première fois, c'est de là que je pars : de ce que j'ai entendu, posé comme une question plutôt que comme un avis. Je ne vois pas d'autre façon de faire une image qui porte une œuvre. Sans ce détour, on photographie quelqu'un qui fait de la musique, et ce n'est pas ce que vous êtes venu chercher.
Vous venez parce que votre travail sort, ou se présente : un premier morceau, un projet qu'on a enfin décidé de lancer, un agent, un programme à imprimer. Sur les réseaux, sur les plateformes, l'image passera avant le son, et pour beaucoup à sa place ; c'est sur elle qu'on décidera de vous écouter ou de passer, et c'est elle qui fera qu'on vous prenne au sérieux d'emblée. Ce que vous demandez n'est pas de l'éclat. C'est qu'on lise sur elle quelque chose de posé, de réfléchi, la densité d'un travail qui existait avant la séance et qui continuera après elle.
Si vous êtes arrivé ici par une image vue sur ce site, c'est un regard que vous avez choisi. Il ne passe pas devant votre travail : il vient après lui, et il s'y règle.
La séance tient en deux temps. Le premier vous appartient : vous arrivez avec une idée, parfois très précise, une image déjà vue en pensée, et nous la faisons telle que vous la voyez. Le second est celui où je propose, une autre lumière, un autre angle, une direction que vous n'aviez pas prévue et qui vient de ce que votre travail m'a laissé. Entre les deux, je parle beaucoup, et je dirige de près. Si l'objectif vous met mal à l'aise, c'est cette précision qui vous en sort, bien plus qu'un encouragement.
De la séance, nous retenons avec vous l'image principale, puis ses déclinaisons pour chaque format où elle doit paraître. Ce qu'elle deviendra ensuite, et où elle ira, nous le décidons par écrit, avant même la séance.
Depuis cette page, le formulaire vous demande d'abord où l'on peut entendre ou voir votre travail : un lien, ou simplement votre nom d'artiste. Puis ce qui se passe dans votre vie en ce moment, ce que vous aimeriez qu'on voie de vous si vous le savez déjà, et de quoi vous joindre. Cette première réponse reste facultative, mais c'est par elle que je commence. Je lis chaque demande moi-même, puis je reviens vers vous : par un appel si ce que j'ai entendu rejoint mon travail, sinon par un message écrit.
Votre visage viendra après ; votre travail, lui, aura parlé le premier.